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Brésil suffrage « 2018 »

Ma pensée étant déformée et affixée par une certaine ataraxie contemporaine, mes mots se diluent devant l’horreur de voir les deux extrémités des Amériques plongées dans l’extrême. Ma pensée, dis-ai-je, ne trouve abri que dans la poétique, là, où tout extrême s’annihile lui-même.

« Cette échelle apparaît vaguement dans la vie
Et dans la mort. Toujours les justes l’ont gravie :
Jacob en la voyant, et Caton sans la voir.
Ses échelons sont deuil, sagesse, exil, devoir.

Et cette échelle vient de plus loin que la terre.
Sache qu’elle commence aux mondes du mystère, 
Aux mondes des terreurs et des perditions ;
Et qu’elle vient, parmi les pâles visions, 
Du précipice où sont les larves et les crimes, 
Où la création, effrayant les abîmes, 
Se prolonge dans l’ombre en spectre indéfini.
Car, au-dessous du globe où vit l’homme banni,
Hommes, plus bas que vous, dans le nadir livide, 
Dans cette plénitude horrible qu’on croit vide, 
Le mal, qui par la chair, hélas ! vous asservit, 
Dégorge une vapeur monstrueuse qui vit !
Là sombre et s’engloutit, dans des flots de désastres, 
L’hydre Univers tordant son corps écaillé d’astres ;
Là, tout flotte et s’en va dans un naufrage obscur ;
Dans ce gouffre sans bord, sans soupirail, sans mur, 
De tout ce qui vécut pleut sans cesse la cendre ;
Et l’on voit tout au fond, quand l’œil ose y descendre, 
Au-delà de la vie, et du souffle et du bruit, 
Un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit ! »

Victor Hugo - (1802 – 1885)
Ce que dit la bouche d’ombre (extrait) 
Les Contemplations

Oui je suis né à Rio de Janeiro – Oui je suis français et « résistant » car « Marianne » m’a adoptée ; un jour, sous ses ailes protectrices, nous ne serons qu’Un.

Liberté – Egalité – Fraternité !

Maximianno Cobra